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Le 45e RI en 14-18 - Eté 1917

L'ETE DE 1917

 

Tandis que le 3ème bataillon s'installe entre le Skra et la Bosse, au nord du village de Kupa, le 2ème bataillon vient le flanquer en occupant la Bosse au nord de Ljumnica. Le 1er bataillon complète le front du régiment à la Table de Roc, au nord de Mayadag.

C'est sur ces emplacements que nous allons passer l'été de 1917 jusqu'à la fin du mois d'Août.

Les grosses chaleurs sont toujours aussi dures à supporter. La maladie fait toujours autant de ravages. Pourtant, la lutte contre le paludisme se développe vigoureusement.

Les médecins militaires (qui, conformément à la définition classique, n'ont pas grand chose du militaire et rien du tout du médecin) ont été heureusement remplacés au grand Etat Major du Service de Santé par des civils, les frères Sergent, qui ont -enfin- entrepris une action intelligente contre la malaria macédonienne.

Pour nous, cette action se manifeste par l’absorption de quinine à titre préventif. Dans chaque escouade, à une heure déterminée, sous l’œil scrutateur du caporal ou du sergent, chacun doit avaler son petit comprimé. On s'assure, par des analyses fréquentes et inattendues que nul ne s'est dérobé à la « corvée de quinine ».

Mais malheureusement, le mal qui a été fait dans les mois précédents par la criminelle ignorance du Service de Santé, reste acquis, et, si l'on parvient à diminuer la fréquence des cas nouveaux de paludisme, on ne lutte qu'avec grand'peine contre les cas anciens qui récidivent.

Aussi nos effectifs fondent-ils à vue d’œil. Les compagnies sont doublement à l'état squelettique – aussi bien par le nombre que par l'aspect de la troupe.

Au 2ème bataillon le médecin occupe volontairement , la nuit, avec un infirmier et au mépris de toutes les conventions de Genève, un petit poste que la pénurie des effectifs ne permet plus de garnir. Il a à sa disposition des grenades et un fusil V.B. Dont il aura quelques fois l'occasion de se servir.

Le cafard vient encore ajouter à nos misères. Les nouvelles de France sont rares, et mauvaises. Les bulgares nous inondent de proclamations imprimées affligeantes, décourageantes.

Les permissions sont peu nombreuses. Nous avons vraiment l'impression d'un isolement désespéré et d'un abandon définitif. Nous sommes las, physiquement et moralement, et quelques désertions qui se produisent nous affectent péniblement. Par ailleurs, qui-a-t'il de vrai dans ce qu'on entend raconter sur les mutineries qui auraient éclatées au camp de Zeitenlick ?


Date de création : 19/01/2013 @ 15:15
Dernière modification : 14/12/2013 @ 20:15
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