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14 Août14

La vigilance des avant-postes

Article réalisé par: Vincent Scarniet

Journée du 14 août 1914


Le Sous-lieutenant de réserve Boquet et  le Sergent-major Mercier(7eCie) furent  les premiers militaires du 45e RI à être cités à l’ordre du jour de l’Armée  pour la prise importante d’un officier d’état-major allemande. 
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 En ce 14 août,  la 8e Brigade stationne non loin de la Lesse pour assurer les débouchés Nord du  Corps de Cavalerie  qui s’apprête à repasser sur la rive gauche de la Meuse.
 
 L’EM est établi à Villers- sur-Lesse de même que le 1er Bataillon et la batterie d’artillerie . Le 2e Bataillon à Jamblinne, le 3e  bataillon à Ciergnon tandis que l’escadron de  cavalerie est cantonné à Wanlin .
L’intensification des mouvements ennemis dans la région nécessite une couverture de tous les stationnements par des avant-postes et l’envoi de patrouilles à partir des différentes positions .
Ces avant-postes sont renforcés par des obstacles constitués à partir des ressources locales comme le décrit le Caporal Bonneau de la 7e Cie  :
«  Vendredi 14 août, Villers-sur-Lesse : ma demi-section est mise de garde sur une route par laquelle une attaque est possible. Dès le petit jour, nous nous fortifions avec des fils de fer, pris au bord des prairies, des herses, des charrues, des branches, etc.
Dans la matinée, le colonel, accompagné du Capitaine Devaux, vient nous visiter. Il félicite le capitaine du choix de l’emplacement, de sa disposition, de sa défense, etc. Le sergent et moi qui nous sommes éreintés, nous mettons la ceinture. Les compliments ? Pas pour nous. C’est bien ça l’armée… »

Sage principe de précaution qui mènera dans l’après-midi à stopper une voiture ennemie qui s’est avancée imprudemment. Plusieurs témoignages nous permettent de reconstituer assez fidèlement l’escarmouche qui s’en suivit.

C’est aux alentours de 15h00 que l’incident a lieu comme le consignent les caporaux Bonneau et Delamarre  dans  leur carnet de route respectif

Le curé de Villers-sur-Lesse en précise le lieu  : « …une auto allemande induite en erreur parce que, à la sortie de Rochefort, un civil avait interverti les bras d’un poteau et mis l’indication « Ciney » sur la route de Dinant vint se jeter sur une patrouille française au lieu-dit briqueterie de Vachaux, sur la route de Rochefort à Dinant, à la bifurcation de Villers- sur- Lesse »
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Le Général Mangin  relate l’action  telle qu’elle lui fut rapportée : « Signe d’arrêt du chef de poste, hésitation des chauffeurs…puis l’auto pousse à toute vitesse…une section est vite sur la route : « Tirez aux pneus » crie un petit sous-lieutenant de réserve… Le chauffeur [Zénon Vogel] et un des officiers [Capitaine d’Etat-major Alexander Bopp, avocat à Darmstadt] qui montent l’auto sont fauchés par les balles ».

Le Caporal Bonneau souligne la résistance du Capitaine Bopp qui « a été tué après s’être bien défendu, au revolver. Il n’a pas voulu se rendre et s’est bagarré jusqu’au bout. C’était un brave »

Un second officier parvint à fuir et trouva à l’orée du bois le cheval d’un hussard de la mort, Ernst Schinski qui avait eu la jambe fracturée par une balle française lors d’un engagement précédent avec la cavalerie française.

L’auto qui appartenait à l’état-major de la 5e division de cavalerie allemande  est ramenée triomphalement au Général Mangin qui assista à sa fouille. On y découvrit à côté d’une charge considérable de flacons de vins et liqueurs, de chocolat et de caramels, un registre d’ordre du corps de cavalerie révélant ente autre sa  composition détaillée.

Ces ordres furent portés séance tenante au QG du Corps de Cavalerie Sordet.

Le sort du restant de la cargaison ne nous est pas révélé. En revanche, un bouton et le sifflet du capitaine sont devenus, selon le Caporal Bonneau,  la propriété d’un adjudant
«  Quels trophées ! Et notre adjudant en est aussi fier que s’il avait tué lui-même l’ennemi ».

Les corps seront inhumés par le 45e RI. Comme le Caporal Bonneau faisait remarquer à un soldat recouvrant le corps de l’officier que la terre n’était pas égalisée, celui-ci lui répondit qu’il n’y avait pas de danger qu’il en sorte

Quant à l’Opel 40Hp, une fois remise en parfait état, celle-ci servit au Général Mangin. Les impacts de balle dans la carrosserie alimenteront la légende qu’il racontera à son épouse quelques jours plus tard : « A propos de l’auto allemande, des officiers revenant de Givet rapportent que sa capture y est racontée ainsi : Le Général Mangin, en auto-mitrailleuse, a rencontré sur la route le chef de l’état-major de l’armée allemande, également en auto-mitrailleuse ; plus rapide que l’Allemand, il le faucha séance tenante… »
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Huit jours plus tard, le Sous-lieutenant Boquet et le Sergent-major Mercier seront tous deux blessés lors du siège de Namur  qui  causa de lourdes pertes au sein des Bataillons Jeanson et Marconnet.



Sources

Date de création : 08/12/2009 @ 22:24
Dernière modification : 18/01/2010 @ 20:40
Catégorie : Année 1914
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