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Témoignage - Maurice FORTUNE

Article réalisé par: Yves VUILLIOT
Maurice Fortuné est originaire du Nord. Lors de la déclaration de guerre, il est incorporé au 45e RI. Sergent, il est intégré au service du train de combat où il rencontre Lucien Vuilliot dont il sera l’adjoint pendant toute la guerre.
Après la campagne de Belgique, le 45e RI, qui a réussi à sauver son train de combat lors de la débâcle de Namur, retraite avec la Ve armée. Il participe à la bataille de Guise à Le Hérie la-Viéville et continue sa retraite jusqu’au retournement de la bataille de la Marne. Le train de combat a du mal à garder le contact avec les unités du régiment, très mobiles et évoluant dans des directions différentes avec des moyens de communication limités.
Dans ses écrits, Lucien Vuilliot note que le 8 septembre 1914 le 45e RI entre à La Ferté-Gaucher : « Avec le sergent Fortuné et quelques hommes nous faisons 32 prisonniers allemands ». Le 45e RI continue sa remontée rapide vers l’Aisne avec de rudes combats à Oulchy-lechâteau, Fismes, Bazoches et une percée risquée en direction de Sissonne. Puis le front se fige.
Ce sera ensuite la course à la mer, Maricourt et les positions le long du front de la Somme à la Marne.
En octobre 1915 Maurice Fortuné bénéficie d’une permission. Il se rend à Tulle et écrit 2 cartes à Lucien Vuilliot. A son retour, c’est le départ pour Sette et l’embarquement sur le « Lake Michigan » pour la Grèce.
Après la difficile campagne hivernale de Serbie, c’est le repli dans la vallée du Vardar et de la Cerna sous la pression des armées germano-bulgares. Le général Sarrail, commandant l’armée d’Orient avait donné comme consigne impérative de ne pas abandonner de matériel à l’ennemi. Malgré les conditions épouvantables, le matériel roulant mal adapté aux chemins de montagne et à la traversée des cours d’eau, le train de combat du 45e RI fut ramené sans perte jusqu’à Salonique.
15A.jpg
C’est ensuite l’installation du camp retranché dans un secteur insalubre près de Salonique qui provoquera à l’été 1916 une épidémie de dysenterie à laquelle peu de soldats échapperont. Maurice Fortuné est un joyeux drille et il contribuera à rendre moins pénible cette expédition loin de la mère patrie sous un climat inhospitalier.
Puis le 45e RI se rapproche de la frontière serbe dans le secteur d’Izvor.
En juin 1918 le général Franchet d’Espèrey devient général en chef des Armées d’Orient. En 3 mois, il va préparer l’opération qui va contraindre les turcs et les bulgares à la reddition. Le 15 septembre 1918, Le 45e RI reçoit pour mission dans le cadre de la 122e division d’infanterie de prendre le verrou du Dobropolje et d’ouvrir la voie à l’armée serbe pour la reconquête de son pays. Mission qu’il accomplira victorieusement avant de prendre le chemin de la Turquie.
Mais le retour au pays n’est pas si rapide. Maurice Fortuné écrit le premier mai 1919 : « je suis revenu pour toujours. J’ai reçu mon sursis et j’espère être démobilisé ce mois ».
Maurice Fortuné se marie après la guerre,. Il a une entreprise de chaudronnerie en cuivre et soudure autogène à Douai (Nord). Son fils, Roger, nait le 26 août 1922. Il continue de voir Lucien Vuilliot. Ils s’écrivent.
Fortune_Fils.jpg
Mais la 2e guerre mondiale vient blesser encore ceux qui ont déjà donné toute leur énergie pour gagner la première. A la libération Maurice Fortuné écrit à son ami de 30 ans : pour lui apprendre le décès de son fils : « La mort de notre fils est un coup de masse terrible, indescriptible à dépeindre,
surtout dans de pareilles circonstances ; enfin, il faut se résigner, et se dire qu’il est mort en bon Français ; oui il a fait son devoir comme nous avons fait le nôtre.
Requis en mars 1943, travail obligatoire, il nous revient en permission en août de la même année et ne retourne plus. A ce moment, il fait de la résistance. Sept 1943, ravitaille 17 réfractaires, forme un groupe, moral parfait. En juin 1944, le 14, il est arrêté, vendu par des lâches : arrêté par 4 baudets de la Gestapo, dont un Douaisien, il est amené à la prison de Cuincy près de Douai où pendant 2 mois il connaîtra la cellule, les fers et la schlague. Le 18 août 1944, quitte Douai pour Lille où nous avons eu la joie de le voir pour la dernière fois le 21 août.
Le 23, il quitte la France pour la Belgique et de là, dernière étape, l’Allemagne, terre de crime et de honte.
Affecté dans un camp de discipline, usine d’avions sans hélice, il est mené comme tous les déportés. Son moral et sa bonne humeur ne le quittent. Jusqu’au moment où terrassé par la maladie, il succombe le 17 mars 1945…
Fortune_Roger.jpg
De mon côté, et depuis 1940, j’ai fait de la résistance ; c’est hasard que je n’ai pas été déporté…
Tes chers enfants n’auront plus la joie de m’appeler « Monsieur-comique », après cette terrible catastrophe, la joie est disparue. »
Maurice Fortuné est pris en photo sur un rocher caractéristique de cette région de Macédoine où la faim, la soif et la maladie font partie du quotidien.
Photo et image souvenir de Roger Fortuné au dos de laquelle est écrit une phrase de Psichari : Ô France, ô ma patrie, j’ai aimé ta beauté et ta grandeur ; j’ai aimé ton passé si chargé de gloire et ta mission spirituelle dans le monde ; j’ai vécu ton martyre… J’ai payé de mon sang. Psichari est un petit-fils d’Ernest Renan, il est mort le 22 août 1914 à la très meurtrière bataille de Rossignol en Belgique, alors que le 45e RI était engagé au sud de Namur.

Tous nos remerciements à Yves(petit fils de Lucien VUILLIOT) pour la mise en forme  de cet article

Date de création : 07/03/2013 @ 18:02
Dernière modification : 07/03/2013 @ 18:22
Catégorie : Témoignage
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par Delabrousse le 26/04/2014 @ 08:41

Bonjour,
Je m'appelle Roger Delabrousse,et j'ai personnellement connu Maurice Fortuné et sa femme Jeanne,et si mon prénom  est Roger,c'est en hommage à leur fils Roger,mort en déportation. Ma mère Louise était la cousine de Roger,et jusque dans les années 60,j'allais régulièrement  chez Maurice et Jeanne Fortuné,dans leur maison située près des anciens abattoirs de Douai, et Maurice me faisait à chaque fois presque,visiter son atelier de mécanique.Jeanne était ma marraine,et ma mère Louise passait chez eux régulièrement avant guerre,car elle travaillait à Douai ,probablement comme secrétaire médicale dans un cabinet de radiologie.Je crois même qu'elle habitait chez eux en semaine car son adresse était autrefois au 2 rue de Baillon à Râches.

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