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Le 45e RI en 14-18 - Petrovo

PETROVO

 

On se souvient que de Krivolak, le bataillon avait été dirigé sur Pétrovo, dans la vallée de la Petrovska.

Pétrovo, normalement, ça devait être « le filon ». C'était « peinard », bien à l'arrière. Et pendant que les copains se faisaient casser la gueule à Ribarci ou à Demir-Kapu, on pouvait « voir venir ».

La Petrovska est une courte rivière qui, depuis sa source, file presque en ligne droite, se jeter dans le Vardar, après avoir suivi un trajet perpendiculaire au fleuve. Aussi, son cours est-il torrentueux ; ses eaux assez profondes roules des pierres brutales. On ne la franchit que sur des gués espacés. Elle délimite avec la Drenska et et Bosova d'une part, avec le Vardar d'autre part, un triangle rectangle, dont elle représente la base horizontale. Il est normal de la considérer par conséquent comme la barrière méridionale de cette région que l'ennemi avait déjà envahie vers Orizar et Dren, à l'ouest.

Pétrovo est un petit village, perdu dans la montagne. La rivière le franchit d'une brutale coupure avant de s'enfler de la Stura que traverse un pont à 1 km à l'est de Pétrovo.

A l'entour, des pitons, de plus en plus élevés, à mesure qu'on va vers le nord-ouest. Des torrents impossibles en dégringolent ça et là, que longent quelques pistes caillouteuses gagnant, au loin, des cols improbables où ne peuvent s'aventurer que des chèvres ou des moutons.

A Pétrovo, on se sent un peu perdus, loin du monde, mais hors de toute atteinte. Si on envoie des patrouilles en reconnaissance, c'est qu'il faut se garder contre l'impossible. Et, d'ailleurs, on ne voit rien, ni personne dans cet inextricable chaos de rochers, de coupures, de pitons et de creux, que la rude température rend plus hostile encore.

Et soudain, le 6 Décembre, à 16 heures, un coup de canon éclate. Pas un de ces coups qui viennent d'on ne sait où. Non. Un coup qui sortait d'une des deux pièces que nous voyions là-bas, devant nous, crevant de leur silhouette distincte, un ciel apaisé d'avant nuit.

Comment les Bulgares avaient-ils pu amener leur batterie sur ces montagnes farouches ? Comment avaient-ils pu savoir qu'il y avait là un bataillon du 45ème touchant son courrier et mangeant la soupe dans la tranquillité d'une heure couverte par des sentinelles et par des reconnaissances ?

Les Makédons de Pétrovo avaient-ils trahi ? Ou bien, cet avion allemand, passé si haut, la veille, nous avait-il aperçus dans les plis et les reliefs tourmentés des monts ? Ou, plutôt encore, ne s'agirait-il pas d'un vaste mouvement tournant destiné à bloquer la retraite de la division et dont nous supporterions les premiers chocs ?

En tout cas, l'attaque avait bien été montée et maintenant elle se déclenchait sur nous.

De partout, ce sont les balles qui nous assaillent, ponctuées des lourds éclatements des obus qui se répercutent dans la montagne. Nous courons dans nos cantonnements à la recherche des armes que nous avons quittées dans notre sécurité illusoire. Et déjà, le canon en a écrasé un grand nombre.

Équipés tant bien que mal, nous bondissons à nos postes de combat et dans le soir qui tombe, nous voyons les Bulgares, dégringolant les pentes, roulant avec les rochers, foncer vers nous, la baïonnette en avant, au milieu d'horribles cris.

C'est la dernière vision de la soirée.

Il faut maintenant abandonner ce village où tout n'est plus que confusion et désordre. Les enfants qui pleurent, les femmes qui hurlent de frayeur, les troupeaux qui rentrent affolés, les paysans suspects qui disparaissent aux angles des masures, l'éclair d'une baïonnette bulgare, les coups de feu déchirants, le canon qui tonne, les appels dans la nuit, les ombres mouvantes qu'on touche et dont on s'éloigne sans les avoir reconnues, c'est, dans tout Pétrovo, une agitation dont la réalité ne se distingue plus du cauchemar ou de l'hallucination.

A la sortie est du village abandonné, hors de la surprise de ses rues et des embûches de ses maisons, on occupe une position que, dans la nuit noire, une sorte d'instinct lucide nous a fait paraître valable. On s'y fortifie en tout hâte et quand naîtra l'aube grise et sale, du 7 Décembre, les Bulgares pourront venir.

Nous sommes sur un piton d'où nous avons de bonnes vues. A gauche est la 4ème compagnie, au centre la 2ème, à droite une unité du 58ème Chasseurs et, en réserve, à contre-pente, la 1ère et la 3ème du 45ème.

Au petit matin, des cavaliers bulgares s'approchent de nous, montés sur leurs petits chevaux macédoniens. Une salve de fusils les met en fuite et déblaye le terrain où va se monter, attendue, l'attaque d'infanterie.

Elle ne tarde guère. Mais nous la connaissons maintenant. Nous les avons déjà entendus ces hourras frénétiques, nous les avons déjà vues ces baïonnettes pointées dans l'élan de la charge. Nous les avons déjà éprouvées ces mitrailleuses qui crachent leur tac-à-tac rageur.

Rien à faire contre nous. Pendant toute la journée, l'ennemi qui s'est massé en bas de notre piton, multiplie ses attaques et cherche à nus encercler : c'est en vain. On ne nous prendra pas de front.

Mais à notre droite, nous sommes mal couverts. Les chasseurs du 58ème peuvent pris à revers. Un mouvement tournant se dessine, rendu possible par la grande supériorité numérique des Bulgares. Dans la nuit du 7 au 8 Décembre, nos adversaires progressent sans que personne soit là pour arrêter leur marches.

Le 8 au matin, ils peuvent déborder nos compagnies en ligne aussi bien que nos compagnies de réserve. Leur balles nous atteignent par devant, sur le côté droit et par derrière à la fois, sans que nul ne songe à quitter une position où l'on peut tenir encore.

Mais ce n'est plus maintenant le 1er bataillon du 45ème qui est en cause. Il n'est qu'un point sur toute la carte du front français, un point dont l'héroïque résistance ne compte plus dans la manœuvre générale. Qu'il regagne un arrière préparé où on aura encore besoin de lui. Et voici que l'ordre lui arrive de se replier sur Mirovca et Miletkovo où il reprendra contact avec le gros du 45ème.

Décrochage difficile, marche exténuante dans le lit des torrents ou au travers des rochers et des buissons épineux, mais qui allait enfin ressouder pour des luttes nouvelles les éléments épars de tout le régiment.

 


Date de création : 19/01/2013 @ 14:53
Dernière modification : 02/12/2013 @ 18:53
Catégorie : Le 45e RI en 14-18
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