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Témoignage - REPRISE DU PONT DE FISMES12/09/1914

Témoignage que  Monsieur Paul Lefin a confié à Monsieur le Maire de Fismes

 
C'est au cours d'un rangement des archives de mon père, le Lieutenant-Colonel LEFIN, que je viens de découvrir un témoignage sur les combats qui se sont déroulés le 12 Septembre 1914 à Fismes.

Il est destiné à servir l'histoire de Fismes et en souvenir de ceux tombés au cours de ce combat, appartenant au 45e Régiment d'Infanterie (3e Compagnie), qui était en garnison à Laon.

j'ignore la date à laquelle il a été écrit. C'est une mise au point faisant suite à un livre "Le circuit des Champs de bataille" de Monsieur Gabriel Hanotaux, à la page 123, dans le chapitre REIMS - BERRY AU BAC, on peut lire "En 1914, c'est Franchet d'Esprey, qui poursuit vers vers le nord-est von Bülow en retraite. A gauche le 18ème Corps (de Maud'huy), s'engage sur la vallée de la Vesle quand il apprend, le 11, que le Corps de cavalerie Conneau s'est heurté à Fismes à une vive résistance. Cependant, l'aile droite, le 1er et 3ème Corps, sont déjà dans la région de Reims, il doit forcer le passage. Le 12, la 38ème division attaque vivement, les ponts sont enlevés. De Maud'huy poursuit sa marche vers l'Aisne."

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments distingués.

P. Lefin (Capitaine Honoraire).

 

Le 31 Juillet,

sous le Commandement du Général MANGIN, le régiment gagne les positions de couverture dans la région de Mézières.


Le 6 Août, il franchit la frontière belge - MISSION - Soutien du Corps de Cavalerie- mission harassante- le cavalier et le fantassin s'ignorent ou presque, et travaillent souvent chacun pour leur propre compte.

Le 22 Août - bataille de CHARLEROI. Les 2me et 3me bataillons sont engagée à NAMUR et la 1er à ONHAYE- pertes sévères.

Retraite par ROCROI.

29 et 30 Août - bataille de GUISE dans le secteur de Le HERIE la VIEVILLE.

Retraite par CRECYs/CERRE - LIESSE - FESTIEUX - CORBENY - ROMAINS - ROMIGNY - SOIZY-aux-BOIS - MONTGENOST.

Le 5 Septembre, court repos dans la région de PROVINS (sur les rives de la Voulzie)

Le 6, demi-tour.

Le 7, entrée dans COURTACON, en flammes, avec la Cavalerie et les Chasseurs cyclistes.

Le 8, VERDELOT.

Le 9, CHATEAU-THIERRY.

Le 10, OULCHY-le-CHATEAU, la section est engagée à l'extrême gauche de la 5me armée, 12 blessés ,1 tué (le sergent Lucas)

Vers 20 heures, entrée dans PARCY - TIGNY et HARTENNES où l'ennemi a abandonné un important matériel.

Le 11, la cavalerie se heurte à une vive résistance dans la vallée de la VESLE, en particulier à FISMES.

Le 2me bataillon du 45e RI est dirigé sur MONT NOTRE DAME.

Le 3me sur BAZOCHES.

Le 1er bataillon transporté en autobus jusqu'à MONT St MARTIN, est chargé du secteur de FISMES.

Il gagne cette ville par CHEZELLES (Saint Gilles) et MOULIN NEUF et entre dans FISMES sans pertes. Il est 20 heures.

P.C. du bataillon à la jonction des routes SOISSONS-REIMS, CHEZELLES-FISMES

La 1ère Compagnie gagne l' Hôtel de Ville. La 2me la lisière Est de FISMES. La 3me longe la sucrerie, direction le passage à niveau. La 4me occupe la gare. (Le passage à niveau et la sucrerie n'existent plus).

Le cycliste de la 3me Cie (DUROT) prend contact avec les cavaliers arrêtés près de la voie ferrée et rapporte les renseignements suivants :

- l'ennemi tient fortement la rive droite de la VESLE

- les portillons et les barrières du passage à niveau sont attachée avec du fil de fer

- le pont sur la VESLE est barricadé avec des madriers et du fil de fer

La cavalerie qui n'a pu forcer l'obstacle se replie.

Le 1er Bataillon prend l'affaire à son compte. Il est à pied d'œuvre.

FISMES, le 12 Septembre


En raison de l'état de fatigue des hommes, le Commandant BOURDIEU décide de reporter l'attaque au lendemain, 12 ,au petit jour.

Sur le pont, la barricade qui a retardé la poursuite pendant toute la journée du 11 et jusqu'au 12 vers 18 heures, est constituée par un poteau télégraphique posé sur les parapets et maintenu en place par des cales en bois formant coussinets.

Dans le sens FISMES - FISMETTE, un madrier au centre permet la montée.

- du côté FISMETTES, un madrier pour la descente, mais plus court, en porte à faux et à chaque extrémité, un madrier plus long et plus flexible remettant le dispositif en place à chaque passage.

- chargés du fusil, des munitions, de l'outil individuel, du havresac et du matériel de campement, les hommes arrivent au pas de course, perdent l'équilibre la barricade ayant fait bascule, et tombent dans un réseau de fils de fer, sous un feu intense qui occasionne de fortes pertes.

Le réseau de fils barbelée est établi sur toute la largeur du pont, sur une hauteur de 0,60 et une profondeur de 15 mètres. (J'ai pu observer ces détails le 12.)

Toute la nuit, fusillade intense sur le pont, le passage à niveau, la grand-rue jusqu'à l'Hôtel de Ville - quelques rafales de 77 sur les mêmes points.

Pour le tir d'infanterie, on verra l'explication ci-après.

En raison des pertes subies, le 10 à OULCHY, le Commandant affecte ma section à la garde de son P.C. avec interdiction de m'en éloigner pendant qu'il va prendre un peu de repos.

J'envoie une patrouille route de SOISSONS (Caporal MARCAILLOU) pour reconnaître le pont sur la voie ferrée à 2 km à l'ouest de FISMES, rencontre d'une patrouille allemande, coups de feu sans résultats, ce sera le seul incident de la nuit de ce côté.

Après un court repos, le Commandant gagne le passage à niveau. Avant de partir il me donne l'ordre suivant : "Resterez sur place, je vous appellerai quand j'aurai besoin de vous."

Vers 6 heures, une section d'artillerie venant de CHEZELLES, s'arrête entre le pont sur l'Ardre et la route REIMS-SOISSONS.

Je crie au Commandant de cette formation :

- "attention vous êtes en vue de l'ennemi".

- "Laissez-moi au moins le temps de faire une reconnaissance." répond-il.

Deux minutes après, rafale de 77, des chevaux blessés, il faut en abattre 4 et dégager les pièces à bras.

 

12 Septembre 1914


 
13 heures, je reçois l'ordre de rejoindre le commandant, je laisse ma section à l'abri d'un mur, près de la sucrerie et j'arrive juste à temps pour voir le Lieutenant BAURES de la 1ère Cie s'élancer et franchir la barricade. J'ai observé le mouvement de bascule (J'apporte la preuve que je n'ai pas franchi le pont le premier), la fusillade est toujours aussi intense.vers 14 h 30, le Commandant me dit : "C'est à votre tour". Je donne à ma section l'ordre suivant : "Suivez-moi, homme par homme à 50 mètres de distance. Servez-vous du madrier pour arriver en haut du poteau, puis sautez. Rassemblement de l'autre côté du pont."

Et je pars, suivi seulement par 2 hommes dont LOBRY. Je cherche à prendre contact avec le Lieutenant BAURES, mais il a déjà gagné la lisière nord de FISMETTE.

Je donne à LOBRY l'ordre d'aller couper les fils de fer. Il revient au bout d'un moment me disant : "on ne peut pas, les balles tombent comme de la grêle". Il faut en finir.

Je prends la cisaille, en rampant, j'ouvre un passage assez large dans le réseau et j'arrive à la barricade. J'arrache un madrier et m'en servant comme d'un levier, je fais sauter les autre et les jette dans la rivière, le poteau télégraphique suit le même chemin (effort bien inutile, il suffisait de déposer le matériel le long du parapet).

Aussitôt je me couche pour reprendre possession de ma sacoche de sergent-major, je l'avais déposée près du parapet bien en évidence, car elle contenait la part du boni d'ordinaire dont j'étais responsable, environ 1.800 Fr.

Et je bondis vers le Commandant qui me prend à bras le corps en disant : "merci, très bien, ça fait vingt minutes que je vous observe et je me demande comment vous en êtes sorti vivant et au dernier moment j'ai cru que vous étiez touché, allez vous reposer".

Je rejoins ma section et je dis : "maintenant rien ne vous gêne plus, suivez moi, homme par homme à 50 m de distance, rassemblement de l'autre côté du pont"

Cette fois, ma section suit , puis le reste de la Compagnie et d'autres fractions du Bataillon. Encore des blessés sur le pont.

J'apprendrai plus tard que le Lieutenant COHENDET de la 4me Cie a traversé la VESLE en amont du pont, avec une barque trouvée sur place. La manœuvre devient possible.

Au lieu de marcher droit vers le Nord, le Capitaine décide de gagner les lisières ouest de FISMETTE pour déborder la résistance adverse.

Les Allemands ont vu le danger et déplacent quelques tireurs, mais leur position est maintenant repérée. Le Lieutenant DEMORIEU, le Sergent BAERT sont tués et quelques hommes blessés au moment de la progression près de la ferme de Monsieur MICHEL. La Compagnie gravit les pentes du mont de PERLES.

La résistance allemande cesse bientôt, il est environ 18 heures. 42 hommes valides abandonnent leurs armes et descendent vers FISMETTE où ils se rendent à la 2me Cie.

Je parcours rapidement la position allemande : des trous individuels, parfaitement dissimulés, au pied des haies.

Pour chaque tireur un chevalet de fortune permettant le tir de nuit sans viser, sur le pont, le passage à niveau et la rue jusqu'à l'Hôtel de Ville, ce qui a permis la fusillade depuis le début de l'action.

Près de chaque emplacement de tireur, un monceau d'étuis, et à certains endroits des paquets de munitions intacts.

- Les Allemands ont  cessé toute résistance, parce que, contraints et forcés, leur position était devenue intenable.

- FISMES et FISMETTE sont délivrées.

- Le Bataillon est dépassé par un régiment de Zouaves qui fonce vers le Nord et reçoit l'ordre de rentrer à Fismes.

- Vers 20 heures, je suis appelé au P.C. de la Division installé à l'Hôtel de Ville.

Je trouve le Général de Division, le Général de Brigade, le Colonel commandant le Régiment et son Capitaine adjoint, le Chef de Bataillon et mon commandant de Compagnie.

- Le Général de Division me remercie et dit : "Grâce à votre héroïsme la Division a franchi la VESLE sans avoir perdu un seul homme. Je vous félicite et vous propose pour une récompense : le galon de Sous-Lieutenant ou la Médaille Militaire"

J'étais mis devant un choix auquel je n'avais jamais pensé, et réponds, sans hésiter : "la Médaille Militaire".

Le Colonel prend aussitôt la parole pour dire : "Et moi je vous nomme adjudant en remplacement de TOURNIER qui a été blessé cet après-midi sur le pont."

La réunion a duré cinq minutes au plus.

13 Septembre 1914


J'ai passé la nuit près du pont, défilé continuel de formations marchant vers le Nord.

De bonne heure la Cavalerie reprend sa marche en avant, le Bataillon suit en autobus par PONTAVERT, AMIFONTAINE, la gare de ST ERME, SISSONNE.

Tout le camp est occupé, la 4me Cie est à la ferme de MACQUIGNY, la 3me aux abords de LAPPION, la 1ère et la 2me du côté de LA PAIX et MONTAIGU.

 

14 Septembre 1914

Puis de nouveau c'est la retraite par la MAISON BLEUE, la gare de ST ERME, BERRIEUX. A hauteur du village d'OUTRE, l'artillerie allemande tirant face au Nord oblige à retraiter par AMIFONTAINE, JUVINCOURT, PONTAVERT.

 

16 Septembre 1914

A 100 mètres à l'Ouest de la ferme du TORDOIR, je reçois la Médaille Militaire, ma section présente les armes et l'artillerie allemande tirant du plateau de CRAONNE rend les honneurs, des obus tombent à proximité, heureusement toute la section s'abrite dans les fossés de la route, personne n'est touché.

 

Conclusion

 

Je me suis efforcé de ne relater que l'essentiel de ces journées si dures. J'insiste encore une fois afin de bien établir :

- 1°) Que je n'ai pas franchi le premier le pont sur la VESLE

- 2°) Que le 18me C.A. n'a pris aucune part à la destruction de la barricade établie sur ce pont (Le Général commandant la 38me Division l'a dit)

Monsieur HANOTAUX, se servant de documents officiels français et allemands pour écrire un livre de l'Histoire de la Guerre, a écrit tout le contraire. Il s'est trompé ou a été trompé (je penche pour la 2me hypothèse et je n'ajouterai rien)

J'apporte, à l'appui de ce que j'écris, la texte de la citation à l'ordre et au bulletin signé par le Général JOFFRE. je pourrais fournir d'autres témoignages. Il reste un témoin direct : BONNEAU, un Parisien.

Il reste le journal de marche du Capitaine CODEVILLE

Je suis gêné d'avoir parlé aussi longuement de moi, je n'ai pas mené le combat tout seul. Je ne poursuis qu'un seul but : Rétablir la vérité, même après 50 ans, il n'est pas trop tard. En 1914, FISMES a été sauvée par le 45me Régiment d'Infanterie, j'ai eu plus de chance que bien des camarades mis hors de combat à FISMES.

- J'ai été vu par le Commandant BOURDIEU

- J'ai eu satisfaction : le Commandement m'a accordé ce que je désirais. Donc je n'ai aucune raison de me plaindre. Il est seulement regrettable que la vérité ait été déformée.

Enfin, je dois mentionner que le 12 SEPTEMBRE, des habitants de FISMES sont venus à proximité du pont pour aider les blessés à gagner un abri et ce, sans se soucier du feu d'infanterie intense sous lequel ils se trouvaient.

 

Témoignage du Lieutenant-Colonel LEFIN, alors Sergent-Major au 45e Régiment d'Infanterie (3e Compagnie).

Date de création : 14/05/2009 @ 13:44
Dernière modification : 04/05/2010 @ 21:33
Catégorie : Témoignage
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par christian le 10/10/2010 @ 13:17

Bonjour

belle decouverte de ce site C est bien de faire revivre  ces temoignages.N oublions pas n oublions jamais

le temps efface la memoire des hommes

Bonne continuation a nous faire vivre le parcours de ce regiment

bien cordialement

adischats


Réaction n°1 

par Vincent_Scarniet le 16/05/2009 @ 17:30

Le sergent-major Lefin est, à ma connaissance, le premier du 45e RI à avoir reçu une décoration pour la campagne de 1914-1918

 

"Lefin, sergent-major au 45^ rég. d'infanterie : a fait

preuve du plus grand sang-froid et a donné un bel

exemple de courage en pénétrant seul sur un pont,

sous un feu très nourri, pour couper les fils de fer et

déclouer les madriers qui barraient ce pont."


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