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Carnet Jules GOFFIN - Prémices du départ

Jules GOFFIN est en permission à Paris et en région parisienne, il ignore  ce qui se prépare pour la 8e Brigade.

Nous allons suivre les prémices du départ pour l'Armée d'Orient.

Voilà le récit de son retour sur le front entre le département de la Marne et de l'Aisne:

.....on somnole. On roule toute la nuit le lendemain ; arrivée à Jonchery d'où l'on repart en pagaye pour le front. Il pleut. Route monotone avec le Caporal GUYOT. Enfin Guyencourt où l'on reprend le barda puis B-x.(NDLR certainement Bouffignereux) où je me retrouve bientôt dans ma peau et mes vieilles habitudes de cette vie. C'est curieux, j'accepte tout maintenant sans répliquer et sans contrainte.

On bombarde toujours ; en allant quelque part(
Vieille expression désuète pour parler de "besoins naturels") par un temps clair, en chemise, je manque de me faire tuer.

Accroupi, j'entends un sifflement d'un obus que je crois destiné pour Guyencourt comme les précédents. Il vient tomber à dix mètres de moi : il faut voir comme je me suis sauvé en tenant mon pantalon ; le deuxième arrive comme je tourne le coin du mur : il était temps. On va se mettre dans la cave, en dessous de l'étable où un obus vient éclater dans le pignon. Enfin on s'en tire.

Nous allons travailler dans les tranchées où on dit préparer une grande offensive. Les grosses pièces de 155 et mortiers de 22 arrivent ; nous faisons des abris pour la compagnie dans son secteur pour les jours de l'attaque.

Chacun a son rôle défini. On charge des rondins, on les porte du canal en deuxième ligne, puis des planches, puis on va travailler aussi à déblayer la terre autour de la sape, la terre tient . Nous revoilà à l'ennemi, qui envoie des rafales de mitrailleuse : gare à celui qui sur le talus ne se baisse pas à temps. Le 77 donne aussi là et au canal et un fusil braqué sur la passerelle sur l'Aisne part chaque fois que nos pas résonnent sur les planches. Tout le monde y met de la bonne volonté car on espère que c'est la bonne fois, celle ci.

Il faut voir les boyaux que les compagnies ont faits pour amener les renforts et cavalerie malgré les tirs de barrage. Tout le monde a confiance ; Jules LEBRUN, que je vois, ne doute pas non plus et me dit que cela se fera presque sans perte, l'artillerie lourde ayant tout démoli ; elle tire quatre jours sans arrêter.

Nous pensons partir d'un moment à l'autre ; nous avons touché musette, bidon, un jour de vivres de réserves supplémentaires. Je remercie G. HUNIN qui m'a envoyé 20F. et lui dit au revoir car je pense la grande heure arrivée.

Hélas ! ce n'est pas encore pour cette fois : on apprend que l'offensive de Champagne a encore à demi réussie ;

nous recevons l'ordre de départ à l'arrière et on ne doute pas un moment que ce soit pour aller là bas. D'autres disent que l'on va en Serbie et ils se font charrier dans les grands prix !


Nous séjournons quelques jours à Rosnay où l'on trouve tout ce que l'on a besoin. Je ne suis plus privé comme à B.. depuis que j'ai de l'argent ; j'achète un camembert, un litre de vin de temps en temps. M. ASTIER m'a envoyé un colis : je le reçois là.
Après une journée de marche, manquait encore des ordres pour le lendemain, mais cette fois grand départ car nous allons coucher à Vandeuil, prés de Damery, après avoir traversé maint villages tous pleins de troupes ; les campagnes immenses.

J'ai beaucoup de mal à faire le chemin car je n'ai plus mes souliers, le suif les a perdus, ceux de DONNAUX me torturent ; enfin le chef m'en donne du 29 mais j'ai le talon enlevé.

Vendreuil, village plein de ressources, n'a eu les soldats qu'une fois depuis l'offensive, aussi on est bien reçu et l'on peut acheter ce que l'on veut, pinard, confiture, pain blanc, tout ! même la goutte .

La vallée de la Marne avec ses jolis villages disséminés dans les vignes qui s'accrochent partout aux pentes qui dégringolent dans la vallée, les vignes aux feuilles rougies, jaunies par l'arrière saison, et les jolis châteaux, les riches prairies et terres qui occupent le fond de la vallée, tout cela forme un ensemble que l'on ne retrouvera pas dans la traversée de la France.

Ce jour là, cuisine atroce, souper longtemps attendu, énervement général. Départ de bon matin le lendemain j'oublie de dire que c'est là que j'ai mangé les meilleures poires et raisins de l'année, dans le jardin de la maison où on me logeait.
Nous passons par Damery(?), on traverse la Marne et arrivons à l'avenue de la gare où l'on attend. Là premier contact avec notre nouveau Colonel, qui fait jeter tous les bâtons ; la route va être rendue moins agréable par une discipline plus stricte, résultant des abus commis par certains hier. Petit à petit les hommes râlent ; le temps est lourd et brumeux.

Passons par des croupes dessus la Marne, ... moins riche que de l'autre côté, où l'on voit des alignements, des carrés de vignes qui malgré la distance paraissent impeccables, puis l'on monte la côte d' Epernay et l'on arrive en haut de la côte : on en a assez et le cheval aussi : la sangle est large et le bât tourne.

On traverse la ville d'Epernay, si élégante et riche, n'ayant rien de cet aspect crasseux qu'ont beaucoup de bourgs de Champagne. Les civils ont beaucoup d'attention pour nous quand les G. M. passent, les dernières, elles sont acclamées ; sur la grand-place les enfants, les dames nous bourrent de gâteries, chocolat, saucisson, cigarettes qu'à certains indices j'ai reconnues, bien que l'on aille à bonne allure, comme officielles car il y avait marchandise de distribution .
Cela a retiré à mes yeux beaucoup du charme que j'avais trouvé à l'intention. Les chevaux ont difficile à suivre car ils sont bien chargés ; cela allonge, enfin ont est au bout est l'on fait la pause.

On repart, nouvelles croupes, puis un village où l'on se désaltère car beaucoup ont soif. Et le soleil commence à se montrer. On repart, nouveau village ; ici on arrive dans la grande campagne, alignements de peupliers le long des routes, de grands champs, plus de vigne, les sapins réapparaissent de temps en temps . Le soleil chauffe et l'on est fatigués et l'on a soif et on ne fait pas la pause malgré qu'il y a plus d'une heure qu'on marche. Les hommes de la section de tir un à un restent en route ; un caporal fait de même, l'autre, ESTIVAN (?), continuera flegmatiquement sa route ; aux cris de "la pause" sans cesse répétés car la compagnie est isolée maintenant, on arrête et l'on attend les retardataires qui ne se font rien casser car il n'y avait plus loin pour gagner le cantonnement où l'on aurait fait grand'halte en arrivant.

On la fait au milieu d'un champ, on va faire boire les chevaux dans un ruisseau ou bras de la Marne, mais au seau. On part et on arrive dans un assez joli cantonnement où nous sommes tranquilles quelques jours bien que nos hôtes disent, que d'habitude, les troupes ne restent qu'un jour ou deux puis filent sur les camps de Châlons et ensuite au front de Champagne . Nous pensions partir à tout moment car nous croyions que c'était à cela qu'on était destiné . L'écho des grandes luttes de là bas nous arrive et nous voyons repasser en autos les divisions de cavalerie à pied qui en reviennent, mais on ne bouge pas.

On est avec le 148 ème qui défend la vente du vin en dehors des heures ou sans bons. On va manœuvrer avec l'artillerie du côté de Tours-sur-Marne, pays aux magnifiques prairies encadrées par les divers bras de la Marne au nombreuses îles ; jolis troupeaux de vaches, malgré la guerre, bourgs tranquilles où tout vous rappelle si bien ceux de cette région qu'a décrite Theuriet (?). Puis l'on va à l'exercice et en promenade de chevaux jusqu'à Champigneulle, un dimanche, bois de sapins, terres longues et si étroites que d'une enjambée on sauterait outre ; belles pommes de terre et choux.
La terre n'est pas profonde, de suite on trouve du gravier ou .... calcaire.
Un dimanche, je vais à la messe, discipline, même dans la maison de Dieu où elle n'a rien à faire, vu que tous sont recueillis. Un officier à la porte dit " Vous là, et vous ici " ; je n'irais plus de sitôt ! A la sortie je vois LEBRUN un moment.

Puis on rend, le troisième jour, vivres de réserve et les nécessaires contre les gaz asphyxiants, et par un bel après midi on reprend le chemin d'Epernay où d'après certains on va embarquer.

On assiste en route à l'envolée de 19 avions qui partent vers les lignes de feu où ils sont accueillis par un bombardement et des tirs de barrage. Ils passent et avant d'arriver à Epernay on les voit revenir un à un au dessus des côtes de vignes que le soir estompe. On arrive en gare où beaucoup de gens réfugiés sont venus voir la Division qui part.

On fait boire difficilement les chevaux dans la Marne et l'on attend l'embarquement, que je crains car mon cheval n'est pas facile, mais il va bien quand même.
Nous partons ensuite rejoindre la section de tir où nous trouvons de force une place dans le wagon à bestiaux qui nous est réservé. Je me couche sur des caisses de cartouches et la fatigue aidant je trouve tout de même le moyen de dormir. Une gare que l'on passe dans la nuit et puis plus rien.

Je me réveille, le train est arrêté sur une petite ligne ; va-t-on sur Troyes, comme on disait et peut être renforcer en Alsace, ou bien va-t-on sur la P.L.M.25 et l'Orient pour aller en Serbie, car on ne sourit plus maintenant de ce tuyau qui parait fort possible.

Puis on repart et on a le jus. Dès lors le train va rouler sans discontinuer dans les grandes plaines de Seine-et-Marne où tout est bien cultivé et ne souffre pas de la guerre, le paysage plat, débarrassé des noires forêts de sapins, égayées seulement de temps en temps par un parc de château, où une villa, où des rangées de peupliers ou d'ormes sur les routes. Nous arrivons bientôt dans une région horticole, où se cultivent les rosiers en de grands champs , et des légumes ; nous suivons une ligne à voie étroite, pour dissimuler notre déplacement et les gens de la grande banlieue nous regardent placidement partir. Puis on arrive à Juvizy, établissements industriels, embranchements multiples ; où va-t-on aller ?

Est ce sur Lyon, ou Orléans ? Les territoriaux ne nous renseignent pas ; dans la gare précédente nous avons fait boire les chevaux et fait halte repas.
On continue sur Paris en traversant de grandes forêts - chênes, bouleaux, châtaigniers, où faisans abondent dans les fougères et s'effrayent à peine du passage du train. D'après la carte, on voit très bien maintenant que l'on va sur Étampes, on devine Paris et l'on passe pas bien loin de Versailles . Je fais alors quelques cartes pour prévenir de mon déplacement mes amis et connaissances. Étampes nous apparaît sur la gauche dans un fond avec son église de pierre au clocher en flèche si élégant.

Voilà Jules GOFFIN en route pour TOULOUSE dans son carnet il raconte ce qu'il voit du paysage bucolique.






Date de création : 08/04/2010 @ 21:20
Dernière modification : 08/04/2010 @ 21:40
Catégorie : Carnet Jules GOFFIN
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