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Carnet Jules GOFFIN - Eté Automne1915


Eté Automne1915


Enfin on arrive à la Brigade où le Général nous passe en revue et nous remercie, disant qu'il peut compter sur nous car nous sommes, dit-il, des hommes choisis et formerons bientôt une troupe d'élite.

Ce qui fait rire car beaucoup sont venus ici par sanctions plus ou moins justes.
On grimpe ensuite une côte dans les vignes et en bas de la côte voici Bouges (certaine HOURGES) où l'on va organiser la Compagnie. Dès lors, exercices, bâtages, revues vont se succéder durant deux mois de vie tracassée. On peut acheter du bon vin pas trop cher ; nous mangeons aussi de la salade.
La Brigade part en ligne, nous n'avons pas encore de matériel. Après un dimanche de saoulerie presque générale, on repart le lendemain par un gros orage pour Hermonville, on traverse Jonchery, Trigny, il pleut sans cesse.

Les jours suivants sont beaux ; on se sèche et l'on prend contact avec les nouveaux camarades.
Sections de tir et muletiers sont mélangés ; le matériel n'arrive pas. Les sections vont en ligne avec des Hotchkiss de rempart en attendant. Enfin un jour on part chercher les caissons,
les bâts et les caisses ; cela devient plus intéressant et plus ennuyant en même temps.
Quelques jours après , les chevaux arrivent, petits, maigres et sauvages. Je tombe sur un des plus rosses que je devrai garder longtemps, alors exercices, promenades.

Les reines Claude sont abondantes, on se régale pour rien ou à bon marché. On trouve ce que l'on veut, mais l'argent me manque, je n'ai pas un sous d'avance ; les épiceries sont bien achalandées car la vie est plus tranquille qu'à notre premier passage : les allemands ne bombardent presque plus. On parle de permission, on m'écrit de Versailles. Je me fait inscrire longtemps après les autres. Je demande 10 F. à Jules SERVAIS pour partir. Le temps s'écoule : je lui redemande 10 F. encore que je garderais jusqu'au départ.

3 Août 1915


Alors que le 148e RI est de retour sur le secteur qu'il a quitté voilà quelques mois l'historique du 148e RI nous révèle ceci:

Dans la nuit du 3 août,une patrouille de volontaires commandée par le sergent Perret, de la 9e compagnie,
et dont faisaient partie les soldats Leborgne et Declercq, s'empara d'un drapeau que les Allemands avaient
planté entre les lignes'.
Un fil de fer fixé à la hampe et destiné à faire éclater une grenade enterrée fut découvert à temps. Nos hommes
déterrèrent l'engin et rapportèrent le drapeau, en laissant un autre rattaché de façon analogue à une charge d'explosifs.
Le drapeau capturé portait cette prophétie téméraire : « Il y a un an que la guerre est déclarée, et à l'Est comme à l'Ouest nous avons vaincu. Par la sève de l'a terre d'Allemagne, nous avons la force et nous allons continuer à vaincre. Tous nos ennemis vont succomber. Vive l'Allemagne ! »


Nous partons un soir pour Bouffignereux où nous arrivons en pleine nuit.
Après 6 mois le village n'est guère changé si ce n'est qu'il est plus propre. Les chevaux sont campés à la diable, et nous dans une cave pleine de poux et de rats. Le cuisinier de E.M. de la Brigade nous donne des restes qui améliorent notre ordinaire.

Puis on trouve un meilleur cantonnement, cour bien fermée, pompes, bacs, râteliers beau grenier ; l'ordinaire s'améliore ; on ne peut par exemple sortir dans les rues, car aussitôt bombardements !. On va à l'exercice dans les marais et les bois, puis au tir à Guyancourt. Quand on rentre le brouillard s'est dissipé : on se fait bombarder. Un jour on passe une revue de casques, lunettes et tampons contre les gaz asphyxiants que l'on vient de toucher ; tout le monde est prêt dans la cour où l'ennemi peut voir ; je ne sais ce que l'on attend, cela traîne en longueur, on va chercher midi à 14 H.

Tout à coup s...zinzinnnnboum ! après une seconde de réflexion on se colle le long des murs. Il est temps, un 2ème arrive et d'autres. Le premier émoi passe, le Capitaine demande "et les conducteurs ?" ils sont là ! "Et bien qu'est ce que vous attendez pour sauver vos chevaux ?" ; nous sortons au risque d'être blessés, on arrive à l'écurie en suivant les murs, on bride, les uns veulent sortir, d'autres hésitent. Ils tirent maintenant au dessus, faisant tirs de barrage. Je sors et gagne la ruelle, je suis à l'abri mais il me faut traverser 200 m. à découvert avant d'arriver au bois Ils nous aperçoivent mais tirent trop court, heureusement. On grimpe avec les chevaux qui ne se sentent plus à travers les marais où l'on s' empêtre que l'on n'ose pas monter dessus : on ne les connaît pas assez. On arrive près des artilleurs où l'on reste jusqu'à la nuit. Les autres, rentrés plus tôt se font canonner.

Mon tour de permission approche ; on va aux tranchées trois jours de suite pour faire une relève. Le dernier jour je vais aux tranchées chercher une caisse ; j'y passe la nuit; il est 6 H. Je vais trouver le Capitaine et lui explique que je dois être rendu pour 11 H. à Jonchery . Il me fait partir presque aussitôt avec d'autres qui vont chercher le ravitaillement.

Arrivé à Boufignereux, je fais mon paquet, prend mes musettes et porte tout le bazar aux caissons à Guyancourt où l'on me donne la permission. Arrivé à Jonchery en avance, je me change de chemise et me brosse car je n'en ai pas eu le temps. Et je suis en train à Bouvancourt - j'ai pu trouver un L. de pinard et du chocolat en passant. Il fait beau, je pars de bon cœur et fait route en 2 ème23 jusque Paris avec des sergents et des territoriaux.
Le long du chemin, les civils nous saluent, nous acclament pensivement, la discipline se détend un peu, on trouve ce qu'il faut aux gares.
Je ne trouve pas le pays si bien cultivé que l'on disait ; les récoltes sont pauvres. On voit de temps en temps des réseaux de fils de fer.
Beaucoup de promeneurs en banlieue et de femmes en deuil. Toutes nous saluent aimablement ; on descend à Noisy-le-Sec où l'on vise les permissions et où l'on peut acheter ce que l'on a besoin.
Je fais une carte pour prévenir M. ASTIER car il m'a dit d'aller le voir, et je veux téléphoner à Versailles, mais il n'y a pas moyen car c'est dimanche. Je vais jusqu'à Paris avec un ardennais.
Gare_Est.jpg

Arrivée à l'Est où l'on passe une nouvelle fois ses permissions devant un bureau puis on est libre. On sort de la gare, avec une foule calme, silencieuse, recueillie, qui nous regarde passer, fait presque la haie. Il y a de tout dans cette foule. Me voilà au dehors de la grille. Je veux aller au Comité ardennais car c'est dimanche. Je prends le tram, je change et quand j'arrive, après avoir changé une fois au risque de me perdre, au palais royal, c'est fermé. Les soldats de la 22è section me demandent comment cela va au front et des détails de la vie. Je prends le métro sur leurs indications pour Montparnasse ; j'arrive à la gare juste à temps pour le rapide de 8 H., à Versailles rive gauche à 10 H.
Demande le chemin au buffet puis à un café où je bois un verre pour me renseigner. Enfin j'arrive au 25 mais je trouve porte de bois. Je ne veux pas réveiller car la maison est grande et je réveillerais tout le monde. Je repars pour manger un morceau, mais il est trop tard. Je vois une gare voisine, j'entre et je passe la nuit sur une banquette. Le lendemain à 5 H. debout, je vais voir la Croix Rouge, où l'on me donne un quart de café au lait puis un bout de pain blanc. Puis je quitte la gare et me rapproche ; je parle quelques instants avec de jeunes dragons en garde sous le pont ; je demande une borne pour me laver

Date de création : 14/01/2010 @ 18:29
Dernière modification : 19/04/2010 @ 09:45
Catégorie : Carnet Jules GOFFIN
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