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Témoignage - Les Frères LEDOUX

Les frères LEDOUX



Les deux frères LEDOUX sont nés à Marly (Aisne) de l’union entre  Albert Désiré et Marie Léonie DEVINNE.

Fernand est né le 16 mars 1893, son frère Gaston quant à lui est né le 8 mars 1894.

En 1914 la famille est venue s’installer à La Vallée au Blé. Fernand est en 1913 au Fort d’Hirson ou il effectue sont service militaire, il est affecté à la 2e Cie.

Avant la guerre les frères LEDOUX  travaillaient chez Mr CAILLE marchand de graine à la Vallée au Blé.

C’est en allant chercher un laissez-passer à la mairie que Gaston se trouve incorporé au 45e RI. Le maire l’a requis pour conduire à Vervins  un soldat blessé qui se trouvait à l’hospice Mara-David.
Il se trouve à Vervins  réquisitionné par l’autorité militaire, sans pouvoir dire au revoir à sa famille.
Il se retrouve au front avec son frère Fernand à la 2e Cie (dans la même escouade) le 11 novembre 1914. Le recrutement de Gaston à eu lieu à Quimper le 2 septembre 1914.


Ils donnent des nouvelles en date du 11 juin 1915

Ils sont en bonne santé, ils se trouvent au bivouac de « La Forêt de Laigue »,(Oise) ils disent avoir perdu beaucoup de camarades.
Leur récit est intéressant par le fait qu’ils nous parlent de « La Bataille de Quennevières »
Foret_Laigue.jpg

Le régiment n’a pas eu de pertes car il n’est pas sorti des tranchées : « ….l’attaque a bien été pour nous, du coté français il a eu 300 morts, mais les allemands ont en eut bien 3000mille sur une distance de 1500 mètres, le bombardement fut terrible pour eux et on leur a envoyé plus de 100 mille obus sur cinq heures de temps , ils étaient ensevelis tous vivants dans les tranchées on leur a prit une vingtaine de mitrailleuses et une batterie de 77…»

Le 24 juin Gaston dit avoir fait des attaques pendant 12 jours, les angoisses sont des plus terribles de puis le début de la guerre…à Quennevière il n’ya pas une place pour mettre le pied qui ne fut labouré par les obus allemands. Nous voulions attaquer et c’était un massacre à chaque fois.
Il a perdu beaucoup de ses camarades, mais avoir eu beaucoup de chance de s’en sortir vivant avec son frère, malgré avoir été enseveli plusieurs fois.

Le secteur de combat dégage une odeur de peste, il estime à plus de 4000 soldats qui ne sont pas enterrés. Ils ne peuvent rien faire au moindre bruit  ils sont sous la canonnade allemande.

Voilà ce que nous dit le JMO pour le  11 juin 1915

Dans la nuit du 10 au 11 les 2e et 3e Btns travaillent à l’aménagement et à l’amélioration de la position conquise, à la réunion du matériel épars et à l’assainissement (enterrement des morts)
Les cadavres allemands et français n’ont pas encore été inhumés depuis l’affaire du 6 juin et sont dans un état de complète décomposition, leur présence dans les abris rend ceux-ci inutilisables même après leur enlèvement. On en est réduit à faire écrouler les abris et à les recouvrir d’une couche de chlorure de chaux.
Le Dr  DERANCOURT du 3e Btn contribue dans la plus large mesure à l’accomplissement de cette tâche.
Pendant le matinée le Colonel NIESSEL visite le secteur. Journée agitée, bombardement incessant, mais aucune attaque n’est prononcée.
Le soir arrive l’ordre de relève pour le lendemain




Les frères LEDOUX se trouvent avec l’Armée d’Orient en Macédoine. Gaston est sans nouvelle de son frère Fernand, celui-ci a été blessé par un éclat d’obus à l’épaule le 10 décembre 1915.

Gaston nous raconte les conditions dans lesquelles sont frère a été blessé :Il fût frappé près de moi, sa blessure était assez forte mais sans gravité, il est resté 6heures sur le brancard sans pouvoir  être évacué. Il n’a jamais perdu connaissance, Nous nous sommes serré la main quand il m’a quitté, il souffrait beaucoup du froid, nous n’avions plus de vêtements et nous étions dans la neige jusqu’au dessus des genoux.

Gaston ignore que son frère est mort à l’hôpital N°2 de Salonique des suites de ses blessures.
 
Salonique_Hop_Num_2.jpg

Hôpital N°2 de Salonique  cliché: http://www.culture.gouv.fr/
 
Il attend un courrier de son frère qu’il lui avait promis d'écrire, ce n’est que quatre mois plus tard qu’il apprendra que son frère repose à Salonique dans le cimetière franco  anglais. La perte de son frère entame son moral, les conditions de vie lui sont de plus en plus insupportable.
Il espère toujours obtenir une permission (qui ne viendra jamais) pour se rendre à Salonique sur la tombe de son frère.

Il revient dans un courrier le 9 avril 1916 sur les conditions de la blessure de Fernand.
Un correspondant en France a entamé auprès du commandant du dépôt  une demande pour avoir des nouvelles de Fernand  LEDOUX.

A ce correspondant il explique le contexte de la blessure de son frère.  Nous nous battions sans interruption la nuit comme le jour,les combats été très acharnés, alors le 10 au matin notre bataillon passe en deuxième  ligne pour nous prendre un peu de repos du combat puis pour nous tâcher de pouvoir manger un repas car nous fûmes quatre jours sans manger avant de passer en deuxième ligne. Alors Fernand comme il était cuisinier depuis le début de la guerre, voulut nous faire cuire de la viande qu'on venait de toucher, à ce moment là l'artillerie bulgare et autrichienne se mit à donner juste au dessus de nous alors nous nous couchons dans un ravin où Fernand voulait faire son feu, moi j'étais un peu à l'abri alors Fernand qui se trouvait à deux mètres de moi je le prie de se mettre à l'abri en lui disant laisse ta cuisine de côté, il y a quatre jours qu'on a pas manger, on s'en passeras encore bien autant, alors il me répond : "On en a bien vu d'autres que cela si ce n'est pas là que je dois rester", puis au même instant qu'il finissait ces paroles, je le vois tomber en criant. Je fus frappé au coeur comme si j'eus reçu une balle alors le major qui se trouvait à mon côté le posa sur le coup et là je lui demandai quand mon frère fut enlevé si la blessure était grave, il me répondit : "Ne t'inquiète pas la blessure n'est pas grave et il s'en tirera avec 7 ou 8 mois d'hôpital et de dépôt". Et je suis convaincu qu'il n'est pas prisonnier car il n'y avait aucun hôpital en Serbie, il fallait qu'il parte directement sur Salonique puis il n'a pu être pris avant d'être parti car nous avons encore tenu notre position jusqu'au lendemain soir. Il n'est pas prisonnier j'en suis certain peut-être est-il à l'étranger c'est ce que je suis inquiet de savoir.


C’est dans la lettre du  17 avril 1916 que Gaston à connaissance officielle du décès de son frère, voilà ce qu’il écrit à son correspondant : …j'attendais depuis quelques semaines la malheureuse nouvelle qui m'est parvenue hier soir et dont je suis bien ennuyé car après toutes les recherches faites depuis quatre mois concernant mon pauvre Fernand je viens d'apprendre avec beaucoup d'émotion qu'il avait succombé à Salonique le 12 décembre hôpital n° 2 à la suite de blessure et aussi je crois que des complications lui sont survenues en cours de route par le froid car il y avait en ce moment là encore beaucoup de neige dans les  montagnes et rien pour le couvrir et faire plus de 200 kilomètres dans ces montagne glacées sur le dos des mulets ou dans une voiture dans les plaines désertes où il n’y a aucune route, combien il a dû souffrir et croyez que  ce fut bien triste pour moi  d'apprendre cette nouvelle. Je serais heureux de pouvoir aller à Salonique voir où il repose maintenant loin des siens pour toujours, mes pauvres parents ignorent encore ce malheur ils ne le sauront hélas que plus tard avec bien des peines. Vivement la fin de cette terrible guerre car beaucoup trop de malheureux en souffrent, nous aussi nous en souffrons beaucoup surtout de la faim, nous sommes maintenant réduits , régime des bêtes à cornes, nous sommes obligés pendant les heures de repos de nous rassembler pour aller cueillir des chardons dans les plaines désertes du Vardar pour nous nourrir, on est honteux de le dire, et de voir que la France n'a plus de quoi maintenant pour nourrir ses soldats. Je ne sais si nos camarades qui sont sur le front  français subissent le même sort que nous j'aime à penser que non. Nous voudrions bien retourner en France nous sauver de ce pays désert et à demi sauvage. Quand à ma santé elle est toujours bonne….

Fernand LEDOUX repose au Cimetière français de Zeitenlik   Au fond, la chapelle provisoire
Cimetiere_Zeitenlik_Francais.jpg

Source:culture.gouv.fr
 
Le témoignage est saisissant la souffrance du soldat est bien perceptible, il se demande le pourquoi de ce qu’il fait là dans ces terres si lointaines, se battre contre il ne sait quoi, le quotidien est également bien douloureux à vivre, pas ou très peu de nourriture, les colis de France arrivent au compte goutte. Les conditions géographiques et climatiques sont épouvantables pour les combattants la température pouvant atteindre 50° ils ont tenus bon mais dans quelle condition avec les privations les maladies dans son récit Gaston indique que 50% du régiment est atteint par des blessures ou des maladies. Ceux qui restent sur le champ de bataille doivent supporter les combats bien sûr mais aussi l’odeur des cadavres en décomposition.

Gaston ne survivra pas à cette tragédie des Balkans.
Voilà comment le Lieutenant Perrot a annoncé  à l’oncle de Gaston son décès.
En réponse à votre lettre du 17 décembre, j'ai le regret de vous annoncer qu votre neveu Ledoux Gaston de ma compagnie a été tué au combat du 11 novembre dernier.
Il ravitaillait en munitions les unités de 1ère ligne avec les camarades de s section quand il reçut un éclat d'obus en pleine poitrine qui le tua net.
Il a pu être ramené en arrière et repose maintenant au cimetière du régiment
La citation suivante à l'ordre n°9 de la 8e brigade lui a été décernée : «D'u courage et d'un dévouement remarquables. Sur le front depuis deux ans, s'est distingué tout spécialement aux combats du 11 novembre 1916. A été tué en ravitaillant en munitions les sections de 1ère ligne.»
Ayant déjà vu tomber en Serbie son frère, je déplore avec vous la perte de ce brave soldat et vous envoie, Monsieur mes sincères salutations.
Signé Perrot
 Lieutenant Perrot Commandant de la 2e Compagnie 45e Régt d'Infanterie


Fernand et Gaston LEDOUX sont inscrits sur:
Le Monument aux Morts de La Vallée au BléLe Monument aux Morts de La Vallée au Blé avec les frères LEDOUX inscrits De ce village de Thiérache, avec POQUERUS Joseph mort en septembre 1914 se sont  trois malheureux soldats du 45e RI qui sont : « Morts pour la France »

Cet article a été réalisé à partir du livre de: BLOUME Pierre 1994 : "Deux Poilus thiérachiens dans le Chaudron du Diable» Université Picarde Libre de Thiérache édit 1994

Date de création : 03/01/2010 @ 20:42
Dernière modification : 10/01/2010 @ 11:54
Catégorie : Témoignage
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